Ce matin, Katharina propose d’aller visiter San Gimignano une cité vieille comme peuvent être vieilles les plus vieilles cités d’Europe. Première constatation, c’est encore bourré de... vieilles sacoches (j’sais pas pourquoi, mais mon petit doigt est pas mal efficace, genre 100% fiable, ces temps-ci!) Si ça continue, on va apparaître en caméo sur une carte postale! Pour se distraire un peu, le défi est d’aller se crisser dans une gang de pépères pis de prendre ça en photo. C’est drôle, mais ça dure pas très longtemps.

Dom est un peu scrap, et c’est le retour de Monika derrière le volant. 200 kilomètres à faire pour aller rejoindre la côte adriatique. Je fais office de copilote et je me trompe sur une indication. Monika, un peu hésitante, ne veux pas rebrousser chemin. Pas grave, y a une petite route là-bas qui nous ramène vers notre destination. Détour qui nous rallongera de 2 heures!

À 8h45, y a la game Pologne vs Autriche. Et ça s’adonne que Katharina est autrichienne d’origine polonaise. On va pas rater ça! On trouve une pizzeria (quoi d’autre?) à Civitanova, sur le bord de la mer. La pizza est bonne, le match un peu moins, mais ça nous donne un break avant de reprendre notre recherche pour trouver un hotel.

C’est Dom et moi qui sommes désigné pour demander des infos. Mais deux regazzi qui parlent pas un mot d’italien, ça trouve pas grand-chose à 11h le soir. On décide d’envoyer les deux filles, et comme par magie, elles nous dénichent une chambre abordable sur le bord de la mer. Je commande une bouteille de vino et me prépare à aller bloguer en solo, pendant que les autres vont faire ce que je devrais faire, aller dormir…

Tension… attention!
Et bien ce n’était finalement pas une chambre avec vue sur mer, mais avec vue sur chemin de fer qu’on a eu hier soir! De toute les chambres d’hotel de bord de rail qu’il m’ait été permis d’essayer dans ma vie, celle-là s’en est une vraie! Des petits trains, pas beaucoup de wagons, mais qui devaient passer à 300 km/h à deux pouces de notre oreiller! Dure nuit.

Nous embarquons dans l’auto pour descendre un peu plus vers le sud, à Pescara. Les filles jasent encore en polonais. Et ils ont la fâcheuse habitude de manger de la viande pour déjeuner. L’odeur envahit l’auto et mon humeur commence à lentement s’avarier.

Nous arrêtons finalement à Tèrmoli, recommandé par le Lonely Planet pour ses plages de sable fin. Nous décidons de trouver le plus tôt possible un hôtel pour passer la nuit. Mais la ville ne semble en avoir que deux. Et ils sont soit trop cher, soit complet.

Il est 5h pm et il est hors de question d’aller plus loin. Pourquoi? À cause d’un match de soccer, le match le plus important de tout l’univers, celui de l’ITALIE. Nous marchons pour trouver un endroit où le regarder quand un pétard violent vient éclater entre Dom et moi. Est-ce qu’on était visé ? (à cause de mes cheveux blonds peut-etre, j’suis parano!) On quitte l’endroit subito pour un coin plus riche de la ville. Ici, pas de souci, les fans finis ont pas assez d’argent pour se payer une bière.
L’ambiance est toutefois ici un peu plus tiède et nous décidons de reprendre notre courage à deux pieds à la mi-temps et de revenir vers la populacion. Debout, dans la rue, nous assistons à un spectacle intense. Un carton jaune et quelqu’un se lève pour cracher dans la télé, deux secondes après, il l’embrasse. Ils sont vraiment fous, ces romains!

Le pays adverse (la Roumanie) compte le premier but. Il n’y a qu’un seul supporter de la Roumanie ici et il est à côté de moi! Il hurle comme un débile comme pour défier le pays tout entier. Consternation. Tout le monde se retourne dans notre direction. Par chance, je porte un chandail Kappa bleu foncé avec du rouge et du blanc. Je suis sauf!
L’Italie égalise rapidement la marque. Et le match se terminera 1-1. Score parfait! Tout le monde retourne chez soi, sans débordement…
Avec tout ça, nous n’avons pas d’endroit où coucher. La tension monte d’un cran. Les filles décident d’aller s’acheter du vino. Moi et Dom, un 26 de Gin. Nous marchons sur les remparts. Le tonnerre gronde au-dessus de l’Adriatique. Et le vent se lève. En bas, un hôtel 4 étoiles et son stationnement attire mon attention. Les filles ont parlé de dormir sur la beach un peu plus tôt. Bonne idée! Nous pourrions nous cacher entre les voitures et passer la nuit à boire dans notre auto louée.

On câle la bouteille en un temps record. Mais l’alcool ne change pas ma perception des choses. Je me fais couper une chanson de W.S. Burroughs par Monika qui n’apprécie de toute évidence pas ce genre de musique.
Je laisse Dom avec les filles. Y a un bar sur le bord de la beach, c’est là que je m’en vais finir la nuit! Les mojitos sont chers, mais le décor est fou. Je reconnais un gars que j’avais vu manger seul un peu plus tôt. Et en plus, c’est le seul blond de la place. C’est mon ami! Nous parlons longtemps, en englitalien. J’lui donne 3 cigarettes et il me quitte, heureux. Une dalle de béton près des chaises de plage m’invite à dormir. Je fais une sieste avant de retourner au petit matin retrouver mes compagnons de voyage…
N.B. : Je pense partir seul pour le reste. La Corse pourrait être un bon endroit où aller passer 2 semaines. J’hésite. Dom est un peu pris entre les deux clans. Demain je trouve internet, et évaluerai les alternatives… ;)
1 commentaire:
De belles histoires ça. J'aime ben lire votre vie.
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