
La nuit est courte. Monika se réveille avec le soleil qui plombe dans l’auto. Elle démarre la voiture. On va avoir besoin d’une petite discussion. Nous nous arrêtons au premier arrêt routier. Devant un petit espresso, j’annonce mes couleurs à Katharina d’avance et à Monika ensuite. J’aime vraiment le pays, les villes et les villages, la bouffe et les breuvages. Mais certains détails me dérangent vraiment dans le voyagement à quatre. Dom, lui, semble n’éprouver aucun désagrément!
J’ai besoin d’internet. Je veux juste checker ça. Les mojitos coulent encore dans mes veines. J’ai le beat dance qui me vibre encore dans les tympans. Par terre, au milieu de Foggia, je réfléchis à tout ça. J’ai bien plus à apprendre des autres que de moi-même en ce moment. Je voudrais bien continuer, ça va quand même pas si mal que ça! Let’s go. Nous allons à Trani, un peu plus bas sur la côte. Il n’y a que des enfants ici. Par groupe de 3, cellulaires en main, ils s’amusent comme des vrais petits italiens.
2 h approche. Les paravents métalliques s’imposent tranquillement. La ville se prépare à la siesta. C’est la meilleure idée au monde… Le soir arrive et es filles partent de leur côté. Dom et moi nous concoctons un petit souper pas piqué des vers. Pasta au poivrons légèrement grillés avec un Muscat frais et délicieux. On jase de tout ça. Il est clair maintenant que je suis le talon d’Achille de notre périple sur la grande botte.
La nuit venue, Dom rejoint Katharina pour une longue marche sur la plage. Malgré mes réticences, je suis encore prêt à continuer. On en reparlera demain matin!
Choisir son chemin.
Nous avons le petit-déjeuner compris, sur le bord de la mer en plus de ça! C’est parfait pour faire un meeting. Les filles annoncent qu’elles veulent traverser pour la Grèce ce soir, peu importe notre décision. Dom est confus. Moi aussi, j’ai à nouveau envie de ne plus les suivre.
Destination Bari. Nous trouvons le port sans quelques difficultés. Les filles se crissent clairement de nous, maintenant. Elles s’achètent rapidement un billet pour Igoumenitsa, au nord ouest de la Grèce. Je sors dehors fumer un peu. Dom discute avec Katharina. Il vient me retrouver une vingtaine de minutes plus tard.
J’ai pris une décision. JM Zurita m’avait dit d’essayer d’éviter Igoumenitsa et de ne partir de Bari. Il connaît plus la place que nous tous. Je prendrai donc le train seul, pour Brindsi et de là irai rejoindre Patras en Grèce. Un autobus ou un train pourra m’emmener à Athènes. J’ai deux contacts là-bas, Martin et Frédérique. Je peux le faire par moi-même. Et je n’en voudrais pas à Dom. J’ai le goût d’écouter Jean-Mi là-dessus!
Katharina vient rechercher Dominik. Une autre discussion. Je fume. Dom revient. Il a pris sa décision. Il veut aller à Napoli… et s’embarquer dans la mafia! Je comprends qu’il me suit. Il laisse partir les filles pour une partie du voyage. Monika retourne pour Londres le 21. Nous sommes le 15. Il est convenu que nous rejoignions Katharina à Athènes pour poursuivre l’aventure.
J’ai un peu de pression, là. Va falloir que j’amuse Dom un peu. Il regrette presque déjà sa décision.
Drastique Adriatique
Nous avons encore l’auto, avec un miroir brisé. On se met du gros beat sale et on part! Pour nous redonner un petit boost, on s’arrête pour un café dans un truck stop hors du commun. À l’intérieur, de la musique dance joue à tue-tête. Ça ressemble plus à une discothèque, qu’à n’importe quoi d’autre. Le garçon qui nous sert parle un peu français. Il nous dit que toutes les françaises sont des putes. Ça commence déjà à être drôle.
Nous arrivons à Brindisi vers les 6h. À chaque sortie d’autoroute, des auto-patrouilles, gyrophares allumés, semblent attendre quelque chose de spécial. Y a vraiment du gendarme partout. Il se passe quelque chose ici que nous ignorons!
Dernière sortie pour Brindisi. Nous stoppons net dans le stationnement de la première bâtisse. Ils vendent des tickets pour le ferry. Nous entrons et ressortons presque aussitôt, billets en mains. Le ferry part à 8h. Nous devons trouver l’aéroport, rapporter la voiture, trouver le port et faire valider nos papiers. Tout ça, en 1h45 ??? Mission presque impossible. Le voyage vient de virer de 180 degré!
Pour rajouter au fun, certaines rues sont barrées. Les carabinieri sont partout. Des affiches nous donnent peu à peu des indices. Beneditus… Santus … A rivederci… Benoit? Non… eh oui! Le Pape est ici! Pour nous dire au revoir, sans doute! Pour nous donner sa bénédiction!
Nous remplissons le réservoir d’essence de la Renaud et allons la rapporter. Le monsieur ne s’aperçoit pas du miroir brisé. Nous tentons de trouver un autobus, mais il nous reste 45 minutes. 20 minutes de trajet et 20 minutes de marches pour atteindre le port. C’est trop short. On essaie de se dealer un taxi, avec une dame de l’aéroport qui tente de le convaincre avec nous. Il ne veut pas baisser son prix, mais nous assure qu’en moins de 15 minutes il nous conduirait au bateau. Nous sommes d’accord. 30 euros, 15 chacun et notre billet de traversier ne nous a couté que 43… Nous embarquons pour vite constater que la conduite italienne differe largement de celle du touriste en cavale. Les intersections sont des excuses pour klaxonner tout ce qui se met en travers de sa route, nos ceintures sont fermement bouclees fort heureusement...
Nous arrivons a bon port quelques minutes avant l`hypothetique heure d`embarquement, mais finalement on disposait de pas mal plus de temps qu`on pensait, effet de ressac de la vague papale...il est pesant le gros! Apres autant de temps que la traversee entiere devait prendre, on largue enfin les amarres...ca s`annonce long longtemps! Apres avoir relaxe un peu, on regarde une game qui rendit heureux les Turcs et nous appris un mot crucial: ``efkaristo``...comme ca on pourra etre un peu plus poli en grec.
La nuit sur le deck est passee a explorer le navire et poser comme modele pour un photographe Kurde-Allemand qui change la lentille de la camera pour la premiere fois...Dom ne l`a donc pas apportee pour rien!! Leve de soleil sur l`Albanie, c`est l`heure de se trouver un racoin pour passer le reste de la nuit...














2 commentaires:
"... je suis le talon d'Achille de notre périple sur la grande botte..." il n'y a que toi pour trouver ça! Malgré tout le tragique existentiel de la formule, ça réveille bien de lire ça, ce matin.
- Alex.
J'aime beaucoup tout. Crisse que t'écris! T'as pas besoin d'amuser Dom...
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