Un canadian avec qui nous avions passé quelques temps la nuit dernière, vient s’asseoir à nos côtés. Il ressemble étrangement à Hugo Vézina, un ami jéromien de Dom. Nous avions parlé de poésie française avec lui, de Victor Hugo entre autre… Nous décidons de le surnommer Victor Hugo Vézina.
Des américains se joignent à nous. Une dame professeure de la Virginie m’entretiens pendant de longues minutes. Elle est intéressante, et nous effleurons même un peu la politique américaine. Elle est clairement républicaine, mais du bout des lèvres consent à dire que W. à pas mal gaffé depuis ses débuts. C’est déjà bon qu’elle le reconnaisse…
Dom sommeille sur le pont. Les commentaires insipides des touristes qui se prélassent autour de lui, lui donnent la migraine! Il voudrait tous les voir passer par-dessus bord. Moi je ris, je les aime bien ces américains, je me sens quand même un peu des leurs.
Dom disparaît à l’air climatisé tandis que je reste près de la piscine pour lire Raymond Roussel. La traversée est interminable, mais le décor remarquable… Nous apercevons au loin Patras. Voila 22h que nous sommes partis!
Débarqués du ferry, Dom et moi n’avons aucun plan en tête. Non plus que d’énergies, car nous n’avons pas réellement mangé depuis l’Italie. Trouver un ordi et nous localiser sur la map nous semble en ce moment plus crucial. La ville est grosse et nous ne sommes pas sûrs de vouloir y passer la nuit. Dans un local internet près du port, nous évaluons les possibilités. En essayant de brancher l’appareil photo à Dom, je fais crasher l’ordi, un vieux pentium 380 comme partout ici! À mon poste, un gros cendrier est posé tout juste à côté d’un autocollant non-fumeur! Partout, la fumée des clopes mélangé à l'air sec de la climatisation nous rappelle qu'on ne s'ennuie pas du tout de cette odeur, même pour un fumeur, un brin vétéran, comme moi...!
Dom ne trouve que deux hôtels ici à Patras, c’est presque impossible, mais la perspective d’avoir à nous promener avec nos sacs sur le dos, si petits soient-ils, ne nous enchante pas vraiment. Nous pourrions regarder du côté d’Athènes, c’est pas très loin et probablement plus accueillant pour deux si bons gars comme nous! En cherchant sur le net, Dom remarque une auberge de jeunesse au nom prédestiné, le Victor Hugo Hostel! C’est là que nous allons...
Nous choisissons l’autobus pour parcourir les 215 km qui nous séparent de la capitale. C’est différent ici, hein? C’est pas écrit pareil! Il est préférable de demander et de se faire enligner que de tenter de trouver par nous même la bonne station de métro. Un jeune grec nous dit d’être prudents, de ne pas trop flâner dans le coin. Il est 11h du soir et les weirdos emplissent le square Omonia. Des policiers s’arrêtent pour consulter la carte de la ville en même temps que nous. Ils nous renseignent et font fuir du même coup les regards filous. L’hostel n’est qu’à une station d’ici…
En arrivant devant la porte de l’auberge, l’homme à la réception semble nous attendre. Il sourit en nous ouvrant la porte. Dom est réconforté, moi aussi. Il nous propose de partir pour Santorini, une ile au sud de l’archipel. Le bateau lève l’ancre à 7h30. Il est déjà presque 2h du matin. Et nous n’avons toujours pas mangé! On pourrait se nourrir au houblon. Quelques Amstel à 1,50 euros feront l’affaire. La fatigue et la faim ne sont que des concepts abstraits à 10 000km de chez soi…
Il fait vraiment chaud dans la chambre, un homme presque nu dort dans le lit au dessous du mien. Je décide de passer la nuit à écrire et à fumer avec l’aubergiste. Il me parle beaucoup de ses rencontres, de l’importance de la culture française en Amérique. Il est parfait. Et je l’aime. 6h approche. Je monte faire une sieste… de 15 minutes!
L’ile au volcan.
Ai-je tu dormi? Pas sûr. Je tire Dom du lit. Nous devons partir dans 5 minutes si nous voulons arriver à temps pour le bateau. Nous nous égarons dans les rues endormies d’Athène, mais arrivons à trouver une station de métro. Direction Piraeus. Nous n’avons pas de billets et le ferry part dans 8 minutes. On trouve un point de vente Blue Star et on traverse la passerelle qui surplombe l’avenue Poseidonos. On court vers la gate 6. La porte du bateau se referme littéralement derrière nous. Il était moins une!
Le bateau est plein à craquer. Un couple d’Allemands accepte de partager avec nous une grande table sur le pont. Nous nous endormons en moins de deux, assis, la tête entre les deux bras. On se réveille à chaque île où nous arrêtons, mais le sommeil au soleil nous farcit la face, dangereusement. Dom est rouge, pas mal foncé!
On essaie de se mettre de la bouffe dans l’estomac, mais ça passe pas. Une petite bouchée et le sac est plein. On entre à l’intérieur, à la recherche d’un peu de fraicheur. On en profite pour vider la caméra. La cartouche vierge, Dom ressort prendre des photos. Il rentre aussitôt me chercher. Dehors, le paysage est hallucinant! C’est ça Santorini???
L’ile principale n’est qu’un restant d’une des parois du volcan. Deux autres parties émergent de l’eau, dont une plus petite, centrale, d’où jaillissent encore des eaux thermales. Le volcan encore actif est surveillé de très près. Content de le savoir…!
Nous réservons une chambre à Périssa depuis le port en bas de la falaise. Une navette vient nous cueillir. Avec nous, 3 irlandais de 19 ans et un étrange garçon qui dit venir du brésil font le voyage. Le brésilien ne cesse de se frotter les yeux, qui sont creux et noircis par ses gênes et par une grande fatigue (c’est lui qui le dit!) Il prétend faire le tour du monde en tant que photographe. Il nous montre une revue, Pagina 22, dans laquelle plusieurs de ses photos sont publiés. Si c’est vraiment lui qui a fait ça, bravo! Ses images, tirées de ses voyages en Asie, sont réellement efficaces. On lui donne le bénéfice du doute.
Nous arrivons au Holiday Hostel. C’est coquet comme tout. Même ma maman serait charmée par la chambre. Nous sommes un peu loin de la beach, mais pour un soir, c’est déjà en masse! D’ailleurs, en parlant de beach, faudrait peut-être que je pense à m’acheter une paire de short! Mes jeans commencent à ne plus faire qu’un avec mes jambes.
Nous partons, Dom et moi à la découverte de notre nouveau paradis, l’ile de Santorini. On revient à l’hotel pas très tard, pour écouter la game au bar de la piscine. Mais il n’y a pas grand monde à soir et l’idée de s’étendre au frais pour écouter la 2e demi nous rejouit.
On s’ouvre une bouteille d’Ouzo qu’on ne boira pas. À peine la télé allumée, nos corps s’éteignent pour aller retrouver les doux bras de Morpheus…












1 commentaire:
T'es tellement poète quand t'es pas chez vous! Toutte se touche dans c'que tu tapes. Dom ne semble pas trop regretter sa décision, tu vois, j'te l'avais dit.
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